Trois Approches pour Déjouer la Prise de Poids Inexplicable
9/1/20265 min read
Comprendre la Prise de Poids Inexpliquée: 3 pistes de reflexion
Vous faites attention à votre alimentation, vous essayez de bouger régulièrement, mais malgré cela votre poids ne bouge pas… ou vous avez même l’impression de prendre du poids sans comprendre pourquoi ?
La première chose à rappeler, c’est que la perte de poids est multifactorielle. L’alimentation, l’activité physique, le sommeil, le stress, les médicaments, les changements hormonaux ou encore la ménopause peuvent tous jouer un rôle.
Mais lorsque vous avez réellement l’impression de faire les choses correctement et que votre poids reste bloqué, il peut être intéressant d’explorer certaines pistes plus en profondeur avec un professionnel de santé.
Voici 3 axes que je trouve particulièrement intéressants à investiguer.
1. La thyroïde : quand le métabolisme fonctionne au ralenti
La thyroïde est une petite glande située à la base du cou, mais elle joue un rôle important dans de nombreuses fonctions de l’organisme, notamment le métabolisme, la température corporelle, le transit ou encore le niveau d’énergie.
Lorsqu’elle fonctionne insuffisamment, on parle d’hypothyroïdie. Certaines personnes peuvent alors constater une prise de poids ou une difficulté à perdre du poids, généralement associée à d’autres symptômes.
Parmi les signes qui peuvent amener à explorer cette piste, on retrouve notamment :
une fatigue persistante ;
une sensibilité inhabituelle au froid ;
des extrémités souvent froides ;
une constipation fréquente ;
une peau plus sèche ;
une sensation de ralentissement général ;
une baisse de concentration ;
parfois un visage ou des paupières plus gonflés.
Ces symptômes ne signifient pas automatiquement qu’il existe un problème de thyroïde. Ils peuvent avoir de nombreuses autres causes.
Quelques pistes à envisager
Si plusieurs de ces symptômes sont présents, la première étape est d’en parler avec son médecin afin d’évaluer la fonction thyroïdienne. La TSH est généralement le premier marqueur analysé et, selon la situation, d’autres paramètres peuvent être explorés.
En parallèle, certaines habitudes contribuent au bon fonctionnement général du métabolisme :
avoir une alimentation suffisamment nourrissante et variée ;
éviter les restrictions caloriques très importantes et prolongées ;
maintenir un apport suffisant en protéines ;
privilégier une activité physique régulière, notamment le renforcement musculaire ;
veiller à la qualité du sommeil ;
vérifier avec un professionnel qu’il n’existe pas de carences nutritionnelles lorsqu’elles sont suspectées.
L’objectif n’est pas de « stimuler » soi-même sa thyroïde avec des compléments, mais d’identifier une éventuelle problématique et de la prendre en charge correctement.
2. La résistance à l’insuline : regarder au-delà de la glycémie
L’insuline est une hormone produite par le pancréas. Elle aide notamment le glucose présent dans le sang à entrer dans les cellules afin d’être utilisé comme source d’énergie.
Lorsque les cellules deviennent moins sensibles à l’insuline, le corps doit parfois en produire davantage pour maintenir une glycémie normale. C’est ce que l’on appelle la résistance à l’insuline.
Cette situation peut précéder pendant plusieurs années l’apparition d'une glycémie élevée. Elle est également plus fréquente dans certains contextes, notamment le syndrome des ovaires polykystiques.
Parmi les éléments qui peuvent inciter à explorer cette piste :
une tendance à prendre du poids principalement autour de l’abdomen ;
des fringales fréquentes ;
une sensation de faim qui revient rapidement après les repas ;
des coups de fatigue après avoir mangé ;
des difficultés à réguler sa glycémie ;
des antécédents familiaux de diabète ;
un syndrome des ovaires polykystiques.
Quelques pistes à envisager
Le médecin peut évaluer la santé métabolique à partir de différents marqueurs, notamment la glycémie et l'HbA1c. Dans certains contextes, d’autres analyses, comme l’insuline à jeun, peuvent également être discutées. Des indices tels que le HOMA-IR existent, mais ils doivent toujours être interprétés dans leur contexte et ne constituent pas à eux seuls un diagnostic.
Au quotidien, plusieurs habitudes peuvent favoriser une meilleure sensibilité à l’insuline :
construire des repas équilibrés avec une source de protéines, des légumes et des aliments riches en fibres ;
limiter la consommation très fréquente de boissons sucrées et de produits fortement raffinés ;
privilégier les glucides peu transformés lorsque cela est possible ;
marcher régulièrement, y compris quelques minutes après les repas ;
pratiquer du renforcement musculaire ;
améliorer la qualité et la régularité du sommeil ;
éviter d’enchaîner les régimes très restrictifs difficiles à maintenir sur le long terme.
Le but n’est donc pas de supprimer tous les glucides, mais d’améliorer progressivement la façon dont l’organisme gère le glucose et l’énergie.
3. Le microbiote intestinal : ne pas oublier la santé digestive
Le microbiote intestinal correspond à l’ensemble des micro-organismes présents dans notre intestin.
Ces bactéries jouent de nombreux rôles : elles participent à la digestion, interagissent avec notre système immunitaire et produisent différentes substances susceptibles d'influencer notre santé métabolique.
La recherche sur le microbiote et le poids est aujourd’hui très active. Certaines différences de microbiote ont été observées chez des personnes souffrant d’obésité ou de troubles métaboliques.
Cependant, il est important de rester prudent : nous ne pouvons pas aujourd’hui conclure qu’une « dysbiose » est systématiquement la cause d’une prise de poids, ni qu’un probiotique spécifique permet de faire maigrir.
En revanche, la santé digestive mérite d’être prise en compte, particulièrement lorsqu’il existe des symptômes chroniques comme :
des ballonnements importants ;
une constipation régulière ;
des diarrhées fréquentes ;
un transit très irrégulier ;
des douleurs ou inconforts digestifs ;
une alimentation très pauvre en fibres ou très peu diversifiée.
Quelques pistes à envisager
Pour soutenir la diversité du microbiote et la santé intestinale, on peut commencer par des mesures relativement simples :
augmenter progressivement la diversité des aliments consommés ;
manger régulièrement des légumes, des fruits, des légumineuses et des céréales complètes selon sa tolérance ;
varier les sources de fibres plutôt que de toujours consommer les mêmes aliments ;
introduire des aliments fermentés si on les tolère ;
boire suffisamment ;
maintenir une activité physique régulière ;
prendre en charge une constipation ou des troubles digestifs persistants plutôt que de les considérer comme « normaux ».
Les probiotiques peuvent être utiles dans certaines situations spécifiques, mais ils ne devraient pas être choisis au hasard dans l’objectif de perdre du poids.
En présence de troubles digestifs chroniques, de douleurs, de sang dans les selles ou d'un changement important du transit, une consultation médicale est nécessaire.
À retenir
Lorsque la perte de poids devient très difficile, il est rarement utile de chercher une seule explication.
Il faut regarder l’ensemble du terrain : l’alimentation, la masse musculaire, le niveau d’activité physique, le sommeil, le stress, les hormones, certains médicaments, la santé métabolique et la santé digestive.
La thyroïde, la résistance à l’insuline et le microbiote sont donc trois pistes intéressantes à explorer, mais toujours dans le cadre d’une vision globale.
L’objectif n’est pas de multiplier les analyses ou les compléments alimentaires : il est surtout de comprendre quels éléments sont réellement pertinents dans votre situation afin d’agir de manière plus ciblée.

